Le 2ème pilier est un puits sans fond

Le 2ème pilier doit être réformé. L’argent épargné jusqu’à la retraite ne suffit plus à financer les rentes pour le reste de la vie. Pour chaque retraité qui prend actuellement sa retraite, la caisse de retraite subit une perte. Elle finance actuellement ces pertes par des revenus d’investissement, qui seraient en fait destinés à payer des intérêts sur les avoirs de prévoyance des assurés actifs. Cela réduit la croissance en valeur, ce qui se traduit par une diminution des avoirs de prévoyance au moment de la retraite. La période plus longue de versement des rentes, due à l’allongement de l’espérance de vie, va donc être financée avec un capital retraite qui sera moindre à l’avenir, ce qui entraînera des pertes encore plus importantes. Les institutions de prévoyance devront retenir une part encore plus importante sur les revenus d’investissement des assurés actifs. Un cercle vicieux qui ne laisse qu’une seule question sans réponse : Quand le système va-t-il s’effondrer ?

Pas de solution, cela fait l’objet de prises d’otages politiques

Il est donc incontestable qu’une réforme du système de prévoyance professionnelle est nécessaire. Cependant, dès que la question du ” comment ”est abordée, personne n’est prêt à apporter sa contribution. Tout le monde a une excuse : Les cercles de gauche parlent de vol des rentes dès que les gens commencent à penser tout haut à la réduction du taux de conversion et donc des nouvelles rentes. Les femmes demandent d’abord l’égalité des droits avant que l’on puisse  parler d’aligner l’âge de la retraite sur celui des hommes, et les plus de 50 ans acceptent la situation car ils ont de toute façon suffisamment de problèmes sur le marché du travail. Consciemment ou inconsciemment, ils prennent tous en otage le régime de retraite professionnel en difficulté pour faire valoir leurs intérêts personnels, aussi justifiés soient-ils.

Les nouvelles sources de financement ne résolvent pas le problème

Il n’y a donc pas d’autre choix que de trouver de nouvelles sources de financement pour compenser les pertes croissantes liées au versement des rentes. Il n’est donc pas surprenant que la proposition actuelle des partenaires sociaux aille précisément dans ce sens. Les employés vont devoir payer une retenue salariale supplémentaire de 0.5 %, qui va directement bénéficier aux retraités. En contrepartie, les rentes seront réduites. Le taux de conversion des rentes sera réduit de 6.8 % à 6 %. Le problème de cette proposition est que la retenue sur le salaire est illimitée dans le temps, et que le supplément de cotisation destiné à amortir la réduction de la rente, sera perdu dans les 15 ans. Cela signifie que ceux qui cotiseront aujourd’hui ne doiveront pas s’attendre à recevoir grand chose lorsqu’ils prendront leur retraite, à moins que ceux qui seront alors en activité ne soient prêts à payer encore plus pour ne plus rien recevoir plus tard. Vous voyez : Le cercle vicieux demeurera avec cette proposition de réforme.

Objectif : Maintenir l’équilibre entre les recettes et les dépenses

Comme les jeunes à qui l’on demandera de payer sont de toute façon occupés par le climat, il est encore possible que cette proposition soit adoptée. Néanmoins, nous ne voulons pas omettre de montrer une véritable voie pour sortir de la misère de la LPP. Cela commence là où le chien est enterré. Après tout, le 2ème pilier est essentiellement un instrument de prestation éprouvé qui n’a pas besoin d’un « mini-AVS ». Il complète le système de répartition du 1er pilier, par un système de capitalisation. L’objectif de la prévoyance professionnelle est la promesse politique de prestations. Le calcul ne peut tout simplement pas être effectué si les revenus diminuent en raison de la baisse des rendements sur le marché des capitaux et si les dépenses augmentent en raison de l’allongement de l’espérance de vie. Il doit être possible de maintenir l’équilibre entre les recettes et les dépenses.

Le chemin vers l’objectif : Construisons une nouvelle maison LPP !

Soyons honnêtes. Si la LPP était une maison, nous la démolirions et en construirions une nouvelle. Mais bien sûr, ce n’est pas si facile, car depuis des années, des gens vivent dans cette maison et on ne peut pas les mettre à la rue. Cette situation me rappelle mes grands-parents du côté de ma mère. Ils ne voulaient pas que la vieille ferme dans laquelle ils ont grandi et où ils ont élevé leurs huit enfants soit démolie et qu’une nouvelle soit construite.

Leur fils aîné ne s’est pas laissé décourager. Il a quand même construit une nouvelle maison. Mais il a laissé la vieille maison debout en attendant, et il a laissé à ses parents le soin d’emménager également dans la nouvelle maison une fois le bâtiment terminé. C’est exactement ce que je ferais avec le régime de retraite professionnelle. Nous devrions construire une nouvelle maison LPP, en laissant aux caisses de retraite le soin de définir le niveau des prestations. Chaque entreprise devrait alors pouvoir décider elle-même si elle veut ou non transférer ses employés dans la nouvelle maison LPP.

Qui voudra, déménagera

Dans le nouveau bâtiment LPP, les caisses de retraite s’efforceront d’offrir les meilleures prestations possibles afin d’attirer le plus grand nombre d’entreprises possible. S’ils offrent de faibles avantages, ils perdront des parts de marché. S’ils offrent des prestations trop élevées qu’ils ne peuvent pas financer durablement, leur solvabilité (taux de couverture) diminuera, ce qui est déjà un critère important lors du choix d’un partenaire de retraite. Pour faire simple : Le marché joue. Comme auparavant, le législateur peut fixer les cotisations d’épargne minimales. Mais ils doivent veiller à ne pas prescrire les prestations.

La politique fera son travail et définira les mesures d’accompagnement

Enfin, la seule chose qui reste à régler est la manière dont le déménagement de l’ancienne maison LPP vers la nouvelle maison LPP moderne doit être effectué. D’une part, il faut bien sûr réglementer qui prend une telle décision. Il est évident que c’est la commission de prévoyance qui décide où et comment l’entreprise assure ses employés, même dans le système actuel. Ensuite, il y a la question de savoir ce qu’il advient de l’épargne vieillesse accumulée jusqu’au départ de l’ancienne maison LPP. L’option la plus simple à cet égard serait que le capital d’épargne vieillesse déjà épargné reste dans l’ancienne maison LPP et qu’il soit converti en rente au moment de la retraite. En plus de cette rente, les assurés dont la commission de prévoyance a décidé de changer, recevront à la retraite une rente de la nouvelle maison LPP.

Tout le reste, comme les mesures d’accompagnement ou, par exemple, la prise en charge d’une couverture d’assurance en cas de décès ou d’invalidité, peut être organisé avec un peu de bonne volonté.

Conclusion : Si l’État échoue, il faut plus de marché.